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Slow Travel : mon interprétation de cette philosophie de voyage

Le Slow Travel. C’est quoi ca? Comment on fait? Pourquoi doit on le faire d’ailleurs? Je te livre ici mon interprétation de cette philosophie de voyage qui ne manque pas d’avantages! Avec en prime une petite vidéo à la fin.

Ma découverte du Slow Travel

Avant de partir pour mon premier long voyage au Sri Lanka, j’ai passé des journées entières à éplucher des guides, online et papier. Si bien qu’au moment du départ, j’étais presque serein. J’avais l’impression de partir en terrain connu. Je n’avais plus qu’une chose en tête, la soif d’aventures.

J’ai donc passé les deux premières semaines à courir dans tous les sens, enchainant les visites que j’avais préalablement planifiées. En permanence le nez sur ma montre, il était hors de question que je loupe une goutte de ce pays. Sauf que, sans vraiment m’en rendre compte, j’étais en train de passer complètement à côté…

Après deux semaines, je suis arrivé un soir, dans cet “hôtel » perdu au milieu de nulle part. Fatigué, je me suis précipité dans ma chambre, ignorant presque cette charmante fille, qui entrait dans celle juste en face. Alors que je me jetais sur mon guide et mes notes pour planifier au poil la journée du lendemain, elle frappait à ma porte, ma faneuse voisine de palier:

“Bonjour, excuse moi de te déranger, je voudrais savoir si tu as un chargeur d’Iphone, le mien est HS »

“Non désolé, j’ai le 5S (c’était pour me la péter) c’est un chargeur différent”

Je lui souhaitais une bonne soirée en refermant la porte. Mais quelques minutes plus tard elle frappait de nouveau:

“Excuse moi encore, mais tu saurais où je peux en trouver un, j’en ai vraiment besoin »

“Oui bien sûr! Tu prends à droite, puis tout droit, puis à gauche… Non mais sérieux, tu as vu ma tronche, j’ai l’air d’être du coin?!”

Je n’ai pas vraiment répondu ça, mais un peu agacé, j’ai été assez froid. C’était sans savoir qu’une dizaine de minutes plus tard, elle frapperait encore à ma porte:

“Tu es Français non? Regarde, je suis en train d’apprendre la langue française” me dit elle en me montrant son livre de grammaire.

Alors que je prenais quelques secondes pour réfléchir à la façon de lui dire d’arrêter de me déranger sans lui casser une jambe et un bras, ce fut le déclic.

Animé par le stress et la fatigue, du rythme infernal que je maintenais depuis deux semaines, pour réussir à visiter des choses qui parfois ne m’intéressait même pas réellement, j’étais exécrable, limite insociable, avec cette fille qui essayait simplement de nouer le contact:

“OK, excuse moi, j’ai été un peu désagréable. Si tu veux on peut aller pratiquer ton français en grignotant quelque chose en ville”

Je ne le savais pas encore, mais j’allais passer les deux semaines suivantes en compagnie de Yulia, auteur d’ un travel blog sous le pseudonyme Misstourist, cette jeune et jolie russe, déjà experte dans l’art de voyager.

slow travel yulia

Oubliant complètement mes plans, je laissais mon guide au fond du sac. Nous allions nous perdre à plusieurs reprises, après des heures de marche, à explorer des sentiers conseillés par les locaux, rencontrer d’autres voyageurs sur la route et partager ensemble des moments magiques dans des familles locales.
Petit à petit, ma vision du voyage et même de la vie était en train de changer. J’apprenais à avancer au feeling sans vraiment trop prévoir. Et c’était bien mieux. J’appréciais vraiment de vivre ces moments uniques, souvent imprévus et de les partager avec Yulia. Je devenais, inconsciemment, un adepte du Slow Travel.

Parce que Slow, ça rime avec Écolo

Ceux qui me connaissent, savent que je n’ai pas d’affinité particulière avec les principes écolo. Mais je n’ai rien contre non plus. Je suis donc plutôt content d’y participer sans vraiment le faire exprès 😀

En effet, le Slow Travel invite à être plus éco-responsable et sensible à l’environnement. Quand on fait le choix de vraiment prendre le temps de voyager, quitte à peut être voir moins de choses, on se permet d’utiliser des moyens de transport moins polluants et plus profitables à l’économie locale. On choisit par exemple les petits bus locaux, plutôt que les grosses compagnies aériennes.
Aussi, en privilégiant l’échange avec les locaux et en s’efforçant de vivre au plus près d’eux, on a tendance à mieux distribuer notre argent. Au moment de se nourrir par exemple, on sera plus facilement attiré par le sourire de la proprio du petit bouiboui en bas de la rue, que par la grande chaine sur la place principale.

Au fil des expériences et grâce à cette nouvelle philosophie de voyage que représente pour moi le Slow Travel, j’ai pris conscience d’un point important dans l’art de voyager : les déplacements sont souvent assimilés à une perte de temps, au stress, à la fatigue… En choisissant les transports en commun ou encore mieux, la marche, le vélo ou même le bateau, je considère que le déplacement fait partie intégrante du voyage et qu’il doit être apprécié autant, sinon plus, que la destination finale. Ainsi, je ne gâche aucune seconde et je peux dire que j’en profite au maximum. C’est comme ça que j’ai choisi et apprécié de:

Quitter la Thaïlande en bateau par le Mekong :

slow travel bateau

Voyager en Stop au Cambodge :

slow travel stop cambodge

Visiter une partie du Laos à moto :

slow travel moto laos

Traverser une partie du Japon à vélo :

slow travel velo japon

Voyager à l’extérieur d’un train au Sri Lanka :

slow travel train srilanka

Le Slow Travel, ce n’est pas pour moi

Je te vois venir internaute :

”Le Slow Travel c’est bien mignon, mais moi je n’ai pas six mois de vacances. Et puis jouer le vagabond ce n’est pas mon truc.”

Concernant le premier point, j’ai envie de te répondre que c’est ton choix, si tu as envie de voyager rien ne t’en empêche. Mais ce n’est pas le sujet ici. J’y dédierais un article plus tard. Et puis au fond, tu as en partie raison, le slow travel se prête plus facilement à un voyage au long court.

Mais ce que j’essaie de faire passer comme message dans cet article, c’est justement que le Slow Travel est une philosophie de voyage, voir presque de vie. Que tu partes un an ou deux semaines c’est la même chose. L’objectif principal est de ne pas trop planifier mais de profiter du moment présent, sans vouloir tout voir et tout faire.

Plutôt que de te jeter sur toutes les activités à touristes que propose ton guide, prends conseil auprès du restaurateur au coin de la rue. Puisque oui, il y a de grandes chances que lui qui a grandi ici et accueille des voyageurs régulièrement, en sache un peu plus que ton Lonely Planet sur la région.

Tu as un petit creux? évite le MacDo et essaye le truc bizarre que vend ce mec au coin de la rue.

Tu veux voir à quoi ressemble ce temple à 20 minutes en voiture? Tu en as pour trois heures aller retour à pied, ça te donnera l’occasion de profiter du paysage et peut-être de faire une pause à mi-chemin dans un endroit sympa.

Tu veux manger dehors ce soir? Évite le resto blingbling qui te servira tout arrangé à l’européenne et fonce essayer les spécialités locales sur le marché de nuit.

Concernant le deuxième point, jouer le vagabond, ce n’est pas du tout le principe. Le Slow Travel n’impose pas de voyager comme un vagabond sans argent. Il ne t’oblige pas à t’imposer en porte à porte pour te faire héberger, mais plutôt à essayer de partager une soirée avec quelqu’un qui en a envie, en utilisant le réseau Couchsurfing par exemple.

Je profite rarement des gens et de leur gentillesse. Je m’efforce toujours d’être sympathique et de laisser un bon souvenir. Par exemple, pratiquement à chaque fois que j’ai été pris en stop, j’ai laissé un petit cadeau. Jamais grand chose, mais c’est une façon internationale de dire merci et de partir sur une note positive. L’objectif est de profiter de la proximité des gens, pour partager et s’imprégner de l’esprit local. Pas seulement de voyager gratuit.
À l’inverse, j’ai rarement accepté, sauf,ce jour, au laos, où pris d’une « caca tout mou » aiguë j’ai accepté de payer une chambre d’hôtel hors de prix local sous prétexte que ça n’était rien pour moi, riche français, de payer cinq fois plus cher qu’un local. Il faut savoir jouer le jeu, mais dans les règles. Et pour connaitre les règles, tu n’as pas d’autre choix que de prendre le temps de les apprendre.
Cependant, l’argument économique a sa place, puisqu’en prenant son temps on dépense moins. Et oui, bien souvent une nuit en Bus, coute moi cher qu’une heure en avion et quelques coups de pédale encore moins.

En résumé

Le Slow Travel propose un retour aux sources et à une certaine simplicité volontaire, afin de mieux comprendre les réalités du monde, des gens et de l’environnement qui nous entourent.

C’est apprendre à voyager en profitant du luxe de prendre son temps. Que ce soit ici ou ailleurs, c’est s’offrir l’opportunité de s’imprégner des lieux où l’on se trouve et des gens qui y vivent. C’est prendre part à la vie sociale d’un endroit et prendre le temps de la découverte en privilégiant la qualité de l’expérience plutôt que la quantité d’activités que l’on y fera en un temps défini.

«  J’adore voyager, mais je déteste arriver. »
Albert Einstein

Alors, certes tu vas vivre un voyage plus intime, plus profond, plus personnel. Quand on me dit, « alors raconte?”! C’était comment? » J’ai bien du mal à répondre, car mes meilleurs souvenirs sont difficilement descriptibles. Ce ne sont pas des monuments ou des activités. Non, ce sont des rencontres, des instants de partage, des sentiments, tant de choses inexplicables. Tu auras donc peut-être moins à raconter à tes collègues en rentrant. Et alors internaute? Tu pars pour eux ou pour toi?

«Voyager sans rencontrer l’autre, ce n’est pas voyager, c’est se déplacer.»
Alexandra David Neel

En extra, je te livre une petite vidéo qui illustre très bien le Slow Travel.

En Malaisie, j’étais parti très tôt un matin, d’abord à pied, puis en stop, pour rejoindre le pied d’une colline et la gravir pour profiter du lever du soleil. Seul, à contempler ce moment magique que m’offrait la nature, je n’ai pas vu le temps passer. J’allais louper le seul bus de la journée pour rentrer. Parce que j’ai pris le temps de profiter d’un rien, j’ai vécu un de ces moments, imprévu, difficile à expliquer et qui sorti de son contexte semble insignifiant. Un sentiment précis à un instant précis, que peu de gens peuvent comprendre, mais qui pourtant, restera l’un de mes meilleurs souvenirs.

8 thoughts on “Slow Travel : mon interprétation de cette philosophie de voyage

  1. Bel article.
    Je rejoins complètement l’esprit! Pour voir ce qui est beau il faut prendre le temps…
    Avec la vitesse à laquelle la société d’aujourd’hui nous fait vivre le slow travel et même le slow life il n’y a rien de mieux!!
  2. C’est la première fois que je lis ton blog, et dès le premier article, je le trouve super bien écrit! Comme toi au début, j’aimais tout planifié, par peur de manquer des choses j’imagine. J’ai expérimenté le slow travel récemment quand je suis partie en Islande et en Irlande. Je partais seule voir des amies sur place et on va dire que j’avais pas de but précis en y allant, je me suis laissé porter (mais en Islande c’est pas compliqué de se laisser aller, les paysages sont beaux partout ^^). Je pense que c’est quand j’ai commencé à faire du stop dans ces pays que le vrai slow travel est arrivé, car là on n’a pas d’autre choix que d’aller vers les locaux et ne pas être à cheval sur le temps ^^
  3. Très bon article François. J’aime bien lorsque tu dis que le transport fait partie du voyage. La première fois que j’amène quelqu’un avec moi pour lui faire découvrir le voyage sac à dos, en indépendant, il y a toujours ces commentaires qui ressurgissent quand je leur dit le temps de bus ou train à faire. Et chaque fois j’essaie de leur faire comprendre que le transport fait partie du voyage, ce n’est pas une perte de temps. On vit tellement de choses à la gare, dans le transport. C’est une excellente manière d’aborder le pays. Habituellement, ils finissent par comprendre au bout de quelques jours ce que je veux dire. 🙂
    Pour moi, le slow travel est encore plus slow que ca. Même si je voyage en profitant de la même manière que toi, j’ai l’impression que tout va trop vite quand même. J’aimerais avoir suffisamment de temps, sans date de retour, pour me poser complètement quelques jours, semaines à certains endroits. Faire du woofing par exemple et avancer au gré des envies. J’ai encore un peu de mal quand même à partir 1 mois quelques part et ne faire qu’un ou deux endroits par exemple. J’essaie quand même de maximiser mon temps pour voir une variété de choses et vivre différentes expériences, même si elles sont très « locales » et non touristiques. Mais bon, avec le temps mon mode de voyage a changé quand même. Si j’ai peu de temps, je préfère me concentrer sur une région et bien la visiter, plutôt que d’essayer de voir le pays en sautant d’un endroit à un autre. Je me déplace tout autant, mais sur de plus petits distances et en visitant pas juste les « grands sites », mais de petits endroits sympas sur la route. C’est intéressant de nous voir évoluer dans notre manière de voyager 🙂 Merci pour ce sujet super inspirant.
    Rachel – Blog voyage Découverte Monde Articles récents…Route de la Soie : Mon voyage au Gansu en Chine (partie 1)My Profile
  4. over the years that Sheree never took care of her older daugher and it shows now that the trend has passed on to the two others. Also, why was her mother looking like she just got off the underground railroad last night in court? Wasnt she some "high powered" CFO?
  5. « Ce qui m’énerve juste, c’est qu’en ce moment ce soit Nole qui batte Rafa en finale. J’aurais accepté Murray sans peine. »C’est parce que tu as trop déifié Nadal, Coach. Djoko, trop beauf, trop humain, te le fait redescendre…sur terre. Tu vois, ça fonctionne dans les deux sens

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